← Fucktober 2026Chapitre 4 sur 5

4. Cauchemar

4 octobre 2026·834 mots·4 min de lecture

Des mains attrapèrent son visage avec violence et l'entraînèrent vers le sol jonché de feuilles d'automne. Elle eut à peine le temps de comprendre ce qui lui arrivait qu'elles l'emmenèrent plus profondément dans la forêt. Elles pressèrent ses joues et son front, enfonçant leurs ongles comme des griffes sous sa peau. La douleur était presque insupportable, mais une paralysie soudaine avait envahi son corps, jusqu'à lui couper sa respiration. Peu à peu, le parterre de terre devint flou.

Quand enfin elles la lâchèrent, ses poumons reprirent vie. Sa gorge brûla sous l'effet de sa trop grande inspiration et elle cracha une glaire. Elle ne remarqua les cris que lorsque ses oreilles se débouchèrent. Les mains avaient complètement disparu du paysage et, à la place, alors qu'elle se relevait péniblement, trois jeunes femmes, vêtues de blanc, la toisaient. Autour d'elles, la lumière de la lune se diffusait avec parcimonie entre les branchages.

Les cris lui perçaient les tympans, et mettre ses mains sur ses oreilles n'y changeait rien. Elle se tordit de douleur. Elle lança un regard haineux aux trois femmes ; elle savait ce qu'elles étaient et ce qu'elles voulaient. Elle pouvait voir les larmes couler sur leurs joues.

À force de claquer des dents, l'une d'elles les perdit brusquement. Elles tombèrent comme des perles dans la terre. Son visage, ensuite, se tuméfia : boursouflures, bleus et coquards. La suivante, la plus jeune en apparence, arracha son ventre, laissant ses boyaux vifs s'étaler. Et la dernière, l'aînée, attrapa sa propre tête et tira, tira encore, dans un bruit de dislocation, sur sa propre tête. Elle s'arracha en même temps que le reste de ses membres. Le sang l'éclaboussa par jets grossiers.

— Viens nous chercher. Ce n'est pas juste ! hurla la plus jeune en maintenant ses intestins.

Ses mains toujours sur les oreilles, elle se mit à courir dans le sens opposé. Elle dérapa sur le sol humide, se prit quelques branches dans la tête, avant que le silence ne retombe promptement. Elle ne sut ni comment ni à quel moment, mais la forêt avait troqué son habillage pour une cuisine chauffée. Elle laissa retomber ses mains contre son corps et chercha les trois femmes.

— Je sais que vous êtes là !

Elle tira sur la porte blanche de la pièce, mais celle-ci s'ébranla à peine. Sur le côté, une vieille gazinière dorée faisait bouillir une grosse marmite en étain. Sur l'îlot central, une planche à découper suggérait que le repas était encore en pleine préparation et, plus loin, le frigo américain contrebalançait son froid avec la chaleur de la marmite. Dehors, le vent soufflait contre les carreaux. Une tempête piégeait la maison.

Elle se souvenait de cette pièce. De ce manoir qui l'enfermait. De toutes ces pièces de musée que l'on pouvait y trouver. Son grand-père avait un goût pour les vieilles machines à torturer. Il y admirait la créativité humaine, se justifiait-il.

Un air froid souffla dans sa nuque. Les trois sœurs étaient là.

Voyant leurs habits de nouveau propres, leurs corps restaurés, elle recula, pleine de dégoût.

— Tu vas recommencer, hein ? demanda la plus jeune.

— Je leur avais dit que ça arriverait ! hurla l'aînée.

— Tu n'es qu'une anomalie. Une erreur de parcours familiale, un monstre en devenir, ajouta la troisième.

Ce n'était pourtant pas la première fois, mais la colère l'envahit. Une bouffée chaude lui monta dans la poitrine jusqu'à son front. Elle se jeta sur elle et ne retint pas ses coups. La violence était telle que des dents se plantèrent dans ses phalanges. Le sang ne fit pas tressaillir les autres.

Elle se releva et attrapa le couteau sur le plan de travail. D'un coup sec, elle trancha la plus jeune. Elle planta et planta encore sa lame, déchargeant sa haine, ses années de souffrance dans chaque coup.

D'un coup de pied, elle envoya valser l'aînée dans le décor. Derrière celle-ci, l'une des tables de torture de son grand-père apparut. Elle l'y sangla promptement ; elle se débattait à peine. Le chevalet bascula à la verticale et elle fit tourner la roue. Les membres craquèrent rapidement, puis s'arrachèrent du tronc aussi simplement qu'une branche sèche.

Alors qu'elle reprenait enfin sa respiration, haletante après son effort, l'aînée se mit à rire sur sa table. Ne pouvant l'entendre davantage, elle récupéra le couteau et le planta dans sa gorge. Un gargouillis s'échappa avec les gerbes de sang. Elle continua de planter la lame jusqu'à détacher tout à fait la tête de ce qu'il restait du corps. Satisfaite, elle jeta le couteau. Elle essuya son propre visage du revers de sa veste et, enfin, sourit.

— Vous n'avez jamais rien fait pour moi !

Elle rit. Elle ne sut pas vraiment si elle riait ou pleurait, en fait. Mais elle se sentait libérée.

Alors qu'elle se retournait pour quitter la pièce, elle reçut une gifle invisible. Puis son visage fut attiré avec violence sur le sol, et des mains plantèrent leurs ongles dans sa peau.

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